
Zone géographique
Les roches de la région du Parc Naturel Régional du Val d’Hérens appartiennent à une vaste et complexe formation que les géologues appellent le Pennique, du nom d’une province romaine. Prises en étau lors du télescopage des plaques continentales, les assises de cette région furent intensément plissées, affectées dans leurs structures intimes et même réchauffées au point de voir leur minéralogie se modifier. Au nord, la plaque européenne profondément déformée, occupe la partie avale de la vallée ; au sud, les grands sommets sont taillés dans la plaque « africaine » ; et entre les deux, subsistent les restes d’un océan disparu.
La partie méridionale de la plaque européenne a été découpée en lames épaisses, qui sont en fait d’énormes plis empilés les uns sur les autres. Entre la vallée du Rhône et la confluence avec le Val des Dix, le Val d’Hérens recoupe perpendiculairement cet empilement de plus tellement énormes que les géologues parlent de nappes de charriage. Il s’agit essentiellement de micaschistes et de gneiss qui datent de l’ère Primaire et qui, avant leur métamorphisme, étaient des grès et des quartzites. Au cours de l’ère Secondaire, une mer peu profonde a occupé la région et des calcaires s’y sont déposés, formant la « couverture » à ce socle des grès et quartzites du Primaire. Ces calcaires déterminent des parois que la rivière traverse dans la gorge de Longeborgne. Il n’y avait d’ailleurs pas que des calcaires dans cette couverture : près de Nax des gypses, à cause de leur solubilité, sont la cause de dépressions appelées dolines. Les formations marines de l’ère Secondaire, les plus méridionales de cette « couverture » relevant de la plaque européenne, affleurent sous forme de calcaaires et de conglomérats près du barrage de la Dixence et dans la région d’Evolène.
L’autre mâchoire du gigantesque étau était le bord de la plaque « africaine », désigné dans la littérature géologique sous le terme de nappe de la Dent-Blanche. Ce sont des masses charriées de gneiss et de granites de l’ère Primaire voire plus anciens, qui montrent certaines affinités avec des roches similaires de régions plus méridionales. Il s’agit donc d’un « socle qui n’est cependant pas totalement dépourvu d’une couverture de l’ère Secondaire : Le Mont Dolin est constitué de conglomérats calcaires posés sur ce socle. Gneiss et granites sont des roches très résistantes à l’érosion. Les versants sont très raides quand les vallées sont taillées dans ces roches. Entre les Haudères et Arolla, les Dents de Veisivi sont une introduction aux sommets escarpés qui culminent avec la Dent-Blanche, le Mont-Colon, le Pigne d’Arolla et le Mont Blanc de Cheilon.
Entre ses deux mâchoires, l’étau a tout juste épargné les restes d’un océan. Véritable océan car il n’y avait pas de socle granitique ou ou gneissique, mais un fond constitué de laves basaltiques, tout comme l’Atlantique actuel. Sur ce fond, qui prit naissance dans la première partie de l’ère Secondaire, se déposèrent des calcaires plus ou moins argileux, actuellement transformés en calcschistes, des assises monotones qui déterminent des reliefs plus doux et des sommets ruiniformes, tels la Luette, les Pointes de Vouasson, la région du Tsaté. Au sein de ces assises, les Aiguilles Rouges d’Arolla font exception : ce sont les restes du fond océanique, accompagnés de roches bien connues, les serpentinites, roches vertes localement exploitées pour les pierres ollaires qu’elles contiennent.
Granite et gneiss sont des roches acides. Seuls les calcaires, les calcschistes et les serpentinites peuvent porter des sols plus basiques. Les anciens glaciers en étalant leurs moraines ont perturbé cette répartition initiale. Ces moraines peuvent être très épaisses : les pyramides d’Euseigne y sont entièrement sculptées.
La complexité de la région n’a que tardivement attiré les chercheurs. On commence seulement à comprendre les relations d’une partie de ces assises.
Rue Principale 13 - 1982 Euseigne - Plan du site















